Catégorie : récit

  • Récit d’un weekend à Chamrousse : VTT en bikepark, bivouac en 4×4 et randonnée au Lac Robert à 2000 m

    Récit d’un weekend à Chamrousse : VTT en bikepark, bivouac en 4×4 et randonnée au Lac Robert à 2000 m

    5–6 juillet – Chamrousse, massif de Belledonne (Isère)

    Il y a des weekends qui condensent tout ce qu’on aime : des descentes qui font trembler les cuisses, un bivouac atteint en 4×4 au bout d’une piste, et une randonnée entre lacs d’altitude sous un soleil radieux. Chamrousse nous a offert les trois en quarante-huit heures.

    Samedi : sensations fortes sur le bikepark

    Nous voilà partis, Christophe et moi, pour une journée de vélo de descente sur le bikepark de Chamrousse. Grand soleil, paysages incroyables, le genre de matinée où l’on se dit qu’on a bien fait de sortir du lit tôt.

    Chaque descente commence au même endroit : l’arrivée du télésiège à la Croix de Chamrousse, à 2253 mètres d’altitude. Là-haut, le regard porte à perte de vue sur les massifs environnants, avant de plonger dans les single-tracks. Le passage préféré ? La crête du Rocher de la Perche, là-haut au-dessus du lac Achard, où la pente, les virages et le panorama se répondent à chaque descente. Des sensations fortes et des cuisses qui s’en souviennent encore.

    bikepark dh

    Samedi soir : le bivouac au bout de la piste

    Descente finale, vélos rangés, direction notre spot pour passer la nuit dehors : cette fois, c’est au volant du Navara. Direction une piste non interdite aux véhicules motorisés qui grimpe jusqu’à un spot de bivouac parfait à 1700 mètres d’altitude.

    navara overland

    Le Navara a fait le job jusqu’au bout de la piste, là où la forêt s’ouvre sur les montagnes. Sensation unique: le moment où les sapins s’écartent et dévoilent la vue imprenable sur les sommets éclairés par le soleil couchant. Et cerise sur le gâteau, le spot est à l’abri du vent grâce aux sapins.

    bivouac beer

    La suite, c’est du bonheur simple : un feu de camp, l’apéro, et une salade composée généreuse, parce qu’après une journée de descente, on ne rigole pas avec l’assiette. Puis la soirée à discuter, face aux montagnes qui s’embrasent puis s’éteignent doucement au crépitement de notre feu qu’on a alimenté toute la soirée avant de l’éteindre soigneusement avant d’aller nous coucher.

    bivouac camp fire

    Nuit calme, aucune sensation de froid ce qui m’a étonné par rapport à l’altitude. Et au matin, pas besoin de réveil : on ouvre les yeux au milieu des montagnes. Voilà le vrai luxe.

    randonneur alpine lake

    Dimanche : des lacs en boucle

    Objectif du jour : relier les lacs. Première étape le matin, le lac Achard, son eau claire posée dans son écrin de résineux. Puis on continue la montée jusqu’au lac Robert, à 2000 mètres d’altitude, situé en zone Natura 2000. Là-haut, sous un soleil toujours aussi radieux, l’ambiance change : au fond de la cuvette d’un cirque naturel, le lac d’un bleu presque irréel abrite de nombreux têtards. On fait le tour du lac, bordé par le Petit Van (2 439 mètres), le Grand Van (2 448 mètres) et le Grand Sorbier (2 526 mètres). Puis on redescend sur la station pour boucler la boucle.

    randonneuse lac robert

    Les chiffres de la boucle :

    • Distance : 12,45 km
    • Dénivelé positif : 675 m
    • Durée : 3 h 43
    • Altitude max : 2162 m (au dessus du lac Robert)

    Trois heures et quarante-trois minutes de bonheur, le rythme tranquille, avec de quoi s’arrêter souvent, c’est ça, l’esprit Wolna : partir léger, mais prendre le temps.

    L’équipement du weekend

    Pour la randonnée

    Le nécessaire, rien de plus : bâtons, chaussures de trail, sac à dos avec réserve d’eau, quelques barres de céréales, une paire de jumelles et l’appareil photo. De quoi être autonome, léger et prêt à saisir chaque point de vue.

    Pour le bivouac

    Cuisine : réchaud portable à gaz, popote, couverts, assiette en inox, tasse, cafetière et café moulu, petit sac poubelle.

    Bivouac : tente-toit, sac de couchage 10°, oreiller gonflable, lampe frontale.

    Change : vêtements de soirée, tongs, pull ou doudoune légère.

    Hygiène & sécurité : crème solaire, brosse à dent et dentifrice, trousse de secours, rouleau de papier toilette et briquet.

    Eau et alimentation : réserve d’eau et réserve alimentaire.

    Un chargement qui tient sans problème dans le 4×4 et qui couvre tous les besoins : manger chaud, dormir au sec, soigner un bobo, repartir propre.

    L’œil du survivaliste : ce que ce weekend nous apprend

    Un weekend comme celui-ci n’est pas seulement une sortie plaisir: c’est un terrain d’entraînement grandeur nature. Les militaires ont formalisé ces compétences sous l’acronyme SERE : Survival, Evasion, Resistance, Escape (survivre, évasion, résistance, fuite). Voici comment ce weekend à Chamrousse illustre, en version plaisir, chacun de ces piliers.

    Survival : les fondamentaux de la survie

    En situation de survie, la règle des 3 dicte les priorités : 3 minutes sans oxygène, 3 heures d’exposition aux éléments sans abri, 3 jours sans eau, 3 semaines sans nourriture. Ce weekend, sans le savoir, on a respecté chaque étage :

    • L’abri avant tout : le spot à 1700 m, à l’abri du vent grâce aux sapins, est un choix de survivaliste. En montagne, le vent et l’humidité tuent plus que le fauve ou la faim. Un emplacement protégé par un couvert forestier, avec ligne de fuite en cas d’orage, vaut mieux que le spot le plus photogénique.
    • L’eau : on est parti avec une réserve d’eau pleine, la bonne habitude. En autonomie réelle, les lacs Achard et Robert seraient des points d’eau à traiter (filtration, ébullition, pastilles) avant consommation.
    • Le feu : notre feu de camp de samedi soir, c’est exactement ça: chaleur, cuisson, signal, moral. Et le briquet dans la poche avec le papier toilette, c’est la duplication des moyens d’allumage, une règle d’or militaire.
    • La règle de réfraction : ne jamais partir à l’aventure seul sans que quelqu’un sache où vous êtes. Un message simple: « bivouac sur Chamrousse, retour dimanche soir » et une heure de retour estimée suffisent à déclencher les secours au bon endroit si besoin.

    Evasion : se déplacer sans être vu

    L’évasion, c’est l’art de se déplacer discrètement sur un terrain inconnu. Ce weekend l’a illustré, en jouant :

    • Choisir sa piste : rouler sur une piste non interdite aux véhicules motorisés, c’est respecter la réglementation, mais c’est aussi une habitude d’évasion : connaître les voies de circulation autorisées et leurs alternatives, ne jamais s’engager sur un chemin dont on ignore le statut.
    • Connaître ses axes de repli : du spot de bivouac, on connaissait la descente vers la station, la direction vers la vallée. En cas de pépin (météo, blessure), plusieurs itinéraires de sortie étaient déjà identifiés. C’est la différence entre un piège et un camp.
    • L’importance du silence : en forêt, la nuit, on apprend à écouter: le vent dans les sapins, un bruit inhabituel. Se déplacer sans bruit, c’est un réflexe de survivaliste autant qu’un respect de la faune.

    Resistance : endurcir corps et mental

    La résistance, c’est ce qui vous tient quand les conditions se dégradent. Ce weekend était clément, mais les occasions de s’endurcir étaient partout :

    • L’effort maîtrisé : 675 m de dénivelé à pied, le lendemain d’une journée de VTT, le corps apprend à encaisser la fatigue cumulée, comme en opération.
    • Le froid relatif : dormir à 1700 m, même en été, refroidit vite. Le sac 10° a suffi, mais on a vérifié avant : tester son matériel par conditions faciles, c’est ce qui permet de lui faire confiance quand les conditions durcissent.
    • Le mental : se réveiller au milieu des montagnes, sans confort, et être content, c’est ça, la base de la résistance mentale. Apprendre à trouver du réconfort dans l’inconfort.

    Escape : toujours savoir s’extraire

    L’escape, c’est le plan de sortie. Ici, tout était en place :

    • Le véhicule comme base arrière : le Navara, garé au bout de la piste, était notre plan d’extraction, comme une équipe de récupération au point RV (point rendez-vous). Toujours savoir où il est, comment y revenir, et qu’il reste opérationnel.
    • Boucle, pas aller-retour : la rando du dimanche était une boucle, elle nous ramenait à la station quel que soit le point où on décide de rebrousser chemin. On ne s’éloigne jamais d’un seul point de sortie.
    • La trousse de secours et le briquet dans le sac : les moyens de se soigner et de repartir. En SERE, on appelle ça son kit d’extraction : de quoi gérer l’imprévu et rejoindre le point de récupération.

    Leçon SERE du weekend : on ne devient pas survivaliste en lisant des manuels, mais en pratiquant, sortie après sortie, dans des conditions maîtrisées. Chaque bivouac d’été bien préparé est une répétition de ce qui pourrait, un jour, ne plus être un jeu. Et c’est exactement l’esprit Wolna : l’autonomie n’est pas une mode, c’est une discipline.

    Ce qu’on retient

    Ce weekend résume ce qu’on vient chercher à Chamrousse : des pistes VTT vertigineuses accessibles en télésiège, des pistes 4×4 qui mènent à des bivouacs de rêve, et des lacs d’altitude qui se relient à pied en une belle boucle de moins de 13 km.

    Envie de tenter l’aventure ? Laissez-vous porter, de lac en lac.